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Benjamin Chaud, interview

Benjamin Chaud, interview

Auteur-illustrateur de talent, Benjamin Chaud participe à l'exposition Face à Face du Salon. Il nous invite dans l'univers qu'il a construit au fil de ses projets pour nous aider à comprendre sa vision de l'enfance.

Qu’y a-t-il de particulier à dessiner ou raconter une histoire d’un enfant ?

Ce qui m’intéresse dans la représentation des enfants c’est leur expressivité et la pureté de leurs réactions. J’ai cette idée peut-être un peu naïve que les enfants sont des êtres entiers, qui vivent pleinement leurs émotions et dissimulent moins ce qu’ils ressentent. Je me souviens avoir ressenti des émotions tellement fortes quand j’étais enfant, je n’ai jamais été aussi content ou en colère, jamais eu aussi peur que quand j’étais petit. Maintenant les émotions qui me traversent sont diluées par ce que j’ai déjà vécu, ce que je connais. J’aime retourner à cet état d’enfance où les émotions me dépassaient.

À qui s’adressent vos dessins d’enfants ?

Je ne sais pas vraiment à qui je m’adresse, j’essaie de n’exclure personne et d’être le plus honnête possible avec moi même, j’essaie aussi de garder mon intérêt dans l’histoire car si ce que je raconte ne m’intéresse pas qui pourrais-je intéresser ?
Je crois que si je fais ce métier maintenant c’est parce que personne ne voulait écouter mes histoires quand j’étais petit (à part ma mère) alors je me rattrape. Je me rends compte que je ressasse surtout ce qui a été pénible pour moi dans mon enfance et comme j’ai été beaucoup déçu par la réalité quand j’étais petit, j’ai encore beaucoup de choses à raconter.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je m’inspire de tout ce que je vois, de tout ce que je lis, de mes enfants bien sûr (tout en essayant de ne pas être trop admiratif) et aussi des dessins des autres illustrateurs ou peintres, mais là où je puise le principal de mon inspiration c’est dans les souvenirs de l’enfant que j’ai été. C’est la seule chose que je connaisse vraiment de l’intérieur, le seul domaine où je me sente vraiment légitime. Souvent, quand je ne sais pas comment dessiner une scène, je me dis « comment j’aurais réagit ? » c’est assez souvent ridicule, mais il y a une certaine justesse et ça fait des dessins rigolos.