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Benjamin Chaud à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil

Benjamin Chaud à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil

Auteur-illustrateur de talent, Benjamin Chaud invité de l'exposition Face à Face au Salon dernier, nous convie une nouvelle fois dans son univers présenté à la Bibliothèque Robert Desnos de Montreuil, jusqu'au 24 février. L'occasion de le rencontrer lors de La Nuit de la lecture, dans le cadre des Lectures noctambules programmées par le Salon. Lors d'un récent entretien, il nous parle de son rapport à l'enfance.

Qu’y a-t-il de particulier à dessiner ou raconter une histoire d’un enfant ?

Ce qui m’intéresse dans la représentation des enfants c’est leur expressivité et la pureté de leurs réactions. J’ai cette idée peut-être un peu naïve que les enfants sont des êtres entiers, qui vivent pleinement leurs émotions et dissimulent moins ce qu’ils ressentent. Je me souviens avoir ressenti des émotions tellement fortes quand j’étais enfant, je n’ai jamais été aussi content ou en colère, jamais eu aussi peur que quand j’étais petit. Maintenant les émotions qui me traversent sont diluées par ce que j’ai déjà vécu, ce que je connais. J’aime retourner à cet état d’enfance où les émotions me dépassaient.

À qui s’adressent vos dessins d’enfants ?

Je ne sais pas vraiment à qui je m’adresse, j’essaie de n’exclure personne et d’être le plus honnête possible avec moi même, j’essaie aussi de garder mon intérêt dans l’histoire car si ce que je raconte ne m’intéresse pas qui pourrais-je intéresser ?
Je crois que si je fais ce métier maintenant c’est parce que personne ne voulait écouter mes histoires quand j’étais petit (à part ma mère) alors je me rattrape. Je me rends compte que je ressasse surtout ce qui a été pénible pour moi dans mon enfance et comme j’ai été beaucoup déçu par la réalité quand j’étais petit, j’ai encore beaucoup de choses à raconter.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je m’inspire de tout ce que je vois, de tout ce que je lis, de mes enfants bien sûr (tout en essayant de ne pas être trop admiratif) et aussi des dessins des autres illustrateurs ou peintres, mais là où je puise le principal de mon inspiration c’est dans les souvenirs de l’enfant que j’ai été. C’est la seule chose que je connaisse vraiment de l’intérieur, le seul domaine où je me sente vraiment légitime. Souvent, quand je ne sais pas comment dessiner une scène, je me dis « comment j’aurais réagit ? » c’est assez souvent ridicule, mais il y a une certaine justesse et ça fait des dessins rigolos.