SalonAfficher le menu
Benjamin Lacombe, invité de l’exposition du 34e Salon “nos futurs”.

Benjamin Lacombe, invité de l’exposition du 34e Salon “nos futurs”.

“Les classiques […] ont en leur sein des questionnements universels qui dépassent le temps.”

Dans cette interview Benjamin Lacombe revient sur son choix de réadapter le classique Magicien d’Oz. Entre thématiques intemporelles et volonté de transmission, le dernier livre de l’auteur-illustrateur, écrit avec Sébastien Perez, s’inscrit parfaitement dans l’exposition “Nos Futurs” du Salon consacrée à penser l’avenir au travers des œuvres de littérature jeunesse.

Quels pouvoirs donnez-vous aux classiques qui traversent le temps ?

Les thématiques des classiques restent parfaitement d’actualité. Par exemple, Le Magicien d’Oz est une métaphore du capitalisme galopant, de l’asservissement du petit peuple par un grand patronat.

“Les classiques […] ont en leur sein des questionnements universels qui dépassent le temps.”

Tout est un monde factice dans lequel les personnages essayent de trouver leur place pour se rendre compte que ce qu’ils désirent est super ciel, et ce dont ils ont besoin, ils l’ont en eux. C’est l’idée qu’il faut croire en soi.
Les classiques sont un regard sur l’actualité avec de la fantaisie et un regard décalé. Ils ont en leur sein des questionnements universels qui dépassent le temps,
des problématiques de l’humain. Et ils ont parfaitement compris l’humain.

Pourquoi avoir voulu donner de nouvelles images à des classiques, déjà réinterprétés parfois le cinéma ?

Les enfants sont très sensibles à la métaphore.Ils accèdent aux problématiques du classique par son image.

“Si l’interprétation est faite avec sincérité, elle fonctionne.”

Or un classique est voué à évoluer, à être raconté, re-raconté, voire à être adapté, réécrit, comme dans Le Magicien d’Oz. Il va donc être interprété à travers les époques qu’il parcourt, tout en restant la même histoire. C’est finalement comme une chanson qui est réinterprétée des années après sa sortie par un artiste contemporain : si l’interprétation est faite avec sincérité, elle fonctionne.

 

Le magicien d’Oz,
Sébastien Perez, Benjamin Lacombe, Albin Michel Jeunesse, 2018