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La grande exposition du Salon

La grande exposition du Salon

Pour illustrer le thème de l’édition 2019, la grande exposition du Salon propose quatre installations spectaculaires pour offrir aux jeunes lecteurs une occasion unique, physique et sensorielle d’éprouver la lenteur des récits !

Cette année, quatre albums d’artistes aux œuvres et techniques très différentes sont mis en lumière : le pop-up pour Emma Giuliani, la découpe laser pour Antoine Guilloppé, le fusain et la sanguine pour Natali Fortier et la gravure pour Katrin Stangl. Leurs points communs ? Être des artistes talentueux qui prennent le temps de créer, être à la fois auteurs et illustrateurs de leurs récits pour maîtriser le temps de narration et célébrer la lenteur de la création et de la lecture.

 

Une question à Emma Giuliani autour de l’éloge de la lenteur

Graphiste de talent, Emma Giuliani, née en 1978, vit en banlieue parisienne. Elle travaille au sein de l’atelier SAJE, spécialisé en graphisme et création. En 2013, elle publie son premier livre aux Éditions des Grandes Personnes, intitulé Voir le jour, qui rencontre un grand succès. À cela succèdent Bulles de Savon en 2015, Egyptomania en 2016 et Grecomania en 2019, réalisés avec l’autrice Carole Saturno. Ces ouvrages sont traduits dans plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, néerlandais,chinois…).

Autour de : Voir le jour, Éditions des Grandes Personnes, 2013
Autre titre : Grecomania, texte Carole Saturno, Éditions des Grandes Personnes, 2019

Pourquoi l’idée d’un ralentissement est-elle une thématique intéressante à aborder en littérature jeunesse ?

« J’ai créé Voir le jour, mon premier livre, au moment où je me suis enfin autorisée à ralentir… Les livres m’ont toujours aidée, dès l’enfance, ils étaient des refuges. Heureusement qu’on m’a laissée lire tranquille ! Apprendre aux enfants à ralentir volontairement, c’est leur donner une grande force. Le flot d’informations et l’évolution technologique galopante donnent ce ressenti de vitesse et nous essayons de suivre cette cadence presque malgré nous. Pour ceux qui en souffrent, qui ressentent un épuisement, il faut apprendre à ralentir, pour s’enraciner.

J’utilise le mot force, peut-être parce que je pense à une graine : c’est l’idée de faire des racines pour être capable de puiser dans ce monde les choses qui nous font du bien, les éléments qui nous font grandir et qui nous rendent solides, résistants. Ce système racinaire, c’est la partie invisible de nous-mêmes, le monde intérieur qui se développe dans le calme, au contact de la nature, ou au contact des livres notamment, de l’art, de la musique… Je ressens beaucoup de paradoxes autour de l’idée du temps. On dit souvent que l’on va “gagner du temps en allant plus vite”. Ça semble logique, mais pour moi ce n’est plus si évident. Mon ressenti est inverse. J’ai l’impression que ralentir me fait gagner du temps. Parce que le temps s’allonge, parce qu’en prenant mon temps, je l’étire, je l’apprécie davantage. »

 

Une question à Antoine Guilloppé autour de l’éloge de la lenteur

Né à Chambéry, Antoine Guilloppé a suivi des cours à l’École Emile Cohl de Lyon. Grâce à la découpe au laser, il a su développer des récits marqués par des jeux de lumières, de profondeur et d’ombres.

Autour de : Plein Soleil, Gautier-Languereau, 2018 / Pleine Neige, Gautier-Languereau, 2017
Autres titres : Plein Désert, Gautier-Languereau, octobre 2019 / Loup Noir, Casterman (édition augmentée, 15 ans), octobre 2019

L’idée d’un « éloge de la lenteur » est-elle consciente dans votre travail ?

« Ce thème a été inventé pour moi ! La plupart de mes albums jouent sur une certaine lenteur de la narration. Elle nécessite, pour le lecteur, de se poser. Je veux l’emmener dans une certaine atmosphère où le rythme est roi. Je l’impose au lecteur. S’il ne le respecte pas, il risque de passer à côté de ce que j’ai voulu apporter et la rencontre ne se fera pas. S’asseoir ou s’allonger pour lire un livre c’est prendre le temps de regarder la couverture, de la caresser délicatement, de sentir son poids et son odeur. C’est déjà là, la promesse d’une découverte consciente et choisie. Certains de mes albums peuvent paraître prétentieux ou élitistes par leur format ou leur prix, mais c’est en réalité un choix de transmettre un bel objet, quelque chose de précieux. Donner à son lecteur, sa lectrice, le sentiment qu’il va se passer quelque chose de particulier, que l’on n’oubliera pas. Les albums en découpage laser étaient d’ailleurs partis de ce sentiment de rareté : c’était l’idée de voir, à l’époque, ce qu’on avait peu vu. »

 

Natali Fortier

D’origine québécoise, Natali Fortier, créatrice plasticienne, vit aujourd’hui en France. Après des études à l’Atelier Saint-Jacques à Québec, puis à l’Academy of Art de San Francisco et à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle a publié ses illustrations dans la presse (Magazine Littéraire, Lire, Le Monde). Elle est l’autrice de plus d’une trentaine d’albums chez Syros, Nathan, Albin Michel, Gallimard, Les Braques, Thierry Magnier, Rue du Monde, Rouergue…

Autour de : Forêt noire, Rouergue, novembre 2019
Autre titre : 1, 2, 3, Volez !, Albin Michel Jeunesse, octobre 2019

 

Katrin Stangl

Née en Allemagne en 1977, Katrin Stangl est diplômée de l’École supérieure d’arts graphiques et de l’art du livre de Leipzig. Elle s’est initiée à la gravure sur bois au Brésil grâce à une bourse d’étude. Elle crée ses livres pour petits et grands, entre la France et l’Allemagne, dont plusieurs chez Sarbacane et Albin Michel Jeunesse. Elle vit et travaille à Cologne.

Autour de : Peut-on tout dire aux chats ?, Albin Michel Jeunesse, 2019
Autre titre : Tous au vert !, texte Didier Lévy, Sarbacane, 2019

 

Le Coin des petits avec Judith Gueyfier

Une initiative du programme« Des livres à soi »

Situé au niveau de l’exposition, le Coin des petits, dédié aux plus jeunes et aux familles, abritera de nombreux albums sur le thème de la lenteur, sélectionnés dans le cadre de ce projet et accueillera, pour un grand forum, les professionnels et les parents bénéficiaires de ce programme le dimanche 1er décembre. Tous pourront aussi plonger dans l’univers artistique de Judith Gueyfier qui conçoit, pour cette 35e édition, un imagier géant de 80 cartes à assembler pour raconter des histoires et imaginer, avec des yeux d’enfant, un monde en mouvement.

Nouveauté : Collection Tip-Tap : Tu travailles où ? ; Tu t’habilles comment ? ; Tu préfères quel arbre ?, Rue du Monde, 2019

« Des livres à soi » est un dispositif national de formation des parents à la littérature jeunesse développé par le Salon, conduit aujourd’hui dans41 villes. À l’échelle nationale, il reçoit le soutien du ministère de la Culture et du Centre national du livre. En Seine-Saint-Denis, il est soutenu parle Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis,la Préfecture – Commissariat général à l’égalité des territoires et la Caisse d’allocations familiales de la Seine-Saint-Denis.