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L’Éloge de la lenteur : Jean-Louis Étienne

L’Éloge de la lenteur : Jean-Louis Étienne

Grand explorateur premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, Jean-Louis Étienne aborde le thème de cette 35e édition.

Le Salon du livre et de la presse jeunesse a choisi de faire l’éloge de la lenteur. Ressentez-vous également la nécessité d’ouvrir un dialogue sur ce thème avec la jeune génération ?

« Je suis favorable à ce que l’on apprenne aux enfants à rester assis, immobiles, en méditation. Pour qu’ils prennent du temps qui leur appartiendrait, pour qu’ils apprennent à gagner de l’espace en eux-mêmes et prennent conscience de leur corps, de la manière dont ils l’habitent. Ça me semble être une idée intéressante à cultiver chez les enfants, mais aussi chez les adultes. »

Comment résonne le thème de « L’éloge de la lenteur » pour vous qui avez exploré le monde ?

« J’ai l’expérience du temps passé en immersion avec moi-même. J’ai traversé, lors de mes expéditions, des lieux, souvent en solitaire, qui ne procuraient parfois aucune stimulation sensorielle. J’étais entouré de blanc ou de gris, sans aucune odeur à respirer. Cette immersion a changé mon regard. Elle m’a permis de prendre conscience du minuscule et de l’invisible. En immersion, ils ont alors pris de l’ampleur à mes yeux et m’ont nourri. Depuis, avec l’habitude de leur perception, ils permettent d’occuper de nombreux moments de l’existence qui pourraient sembler creux.

Le retour à la nature, comme celui à la lecture, apprend à ressentir des émotions que l’on ne peut recevoir que de l’extérieur. Mais pour leur permettre de les expérimenter, il faut accompagner les enfants, leur montrer la notion de persévérance, en les emmenant faire le tour du bois situé à proximité, par exemple. Ils y apprendront la notion de dépassement, de refus de l’abandon. Il faut pour cela que les adultes prennent le temps de les accompagner, de les encourager, en suscitant leur émerveillement, par exemple par le récit de toute la poésie de la nature– comme si c’était une histoire. L’émerveillement devant la nature, c’est le même que celui qui se produit avec un livre, et c’est une belle récompense émotionnelle. »

 

Derniers titres

Aux arbres citoyens : pour renouer avec l’écosystème Terre, Paulsen, octobre 2019
20 initiatives qui font bouger la France, avec la collaboration de l’association Reporters d’Espoirs, Librio-Flammarion, 2019
Osez l’autonomie !, Rustica Éditions, 2019
L’Enfant qui marche, avec Florence Thinard, ill. Marc N’Guessan, Plume de Carotte, 2018